Camions autonomes : en route vers le niveau 4

Partout dans le monde, des scientifiques et des ingénieurs travaillent sur la prochaine grande avancée dans l’histoire du transport : la conduite autonome sur route.

La conduite autonome sur route.
La conduite autonome sur route.

Depuis l'invention de la roue il y a environ 5 000 ans, la conduite était assurée par un cocher, et depuis environ 100 ans, par un conducteur humain. A l'avenir, des « conducteurs virtuels » devraient également être utilisés.

Ces dernières années, des chercheurs ont entraîné des algorithmes spécialement développés sur la base de l'intelligence artificielle, qui sont désormais capables de conduire une voiture en toute sécurité sur les routes. Les algorithmes sont alimentés par une grande variété de données issues de capteurs. Pour cela, des véhicules modernes sont équipés de capteurs supplémentaires tels que des lidars, des radars, des caméras et des microphones, qui fournissent des informations complètes sur la circulation. Sur la base de ces données et des comportements observés dans la circulation, le «conducteur virtuel» prend ses décisions de manière autonome, sans intervention de l’humain. Les meilleurs algorithmes d'IA ont maintenant atteint un niveau de sécurité statistiquement supérieur à celui d'un conducteur humain.

Différents niveaux

En s'appuyant sur ces résultats, une étape importante a pu être franchie l'année dernière aux États-Unis dans le développement de la conduite autonome. Depuis juillet 2024, pour la première fois dans l'histoire des transports, il est possible de réserver un trajet en taxi d'un point A à un point B sans conducteur humain.

Jusqu'à présent, les véhicules produits en série ne sont équipés que de systèmes d'assistance qui permettent une conduite autonome de niveau 3. Cela signifie que le conducteur peut temporairement lâcher le volant pour faire autre chose. Cependant, il doit être capable de reprendre le contrôle du véhicule à tout moment.

La classification en niveaux permet d' évaluer le degré d'automatisation d'un véhicule, sur une échelle de 0 à 5. Au niveau 0, le conducteur est seul à maîtriser le véhicule. Les niveaux 1 et 2 intègrent des aides à la conduite, comme le régulateur de vitesse adaptatif et l’assistance au maintien de la trajectoire. Le niveau 5 est entièrement autonome, sans intervention humaine.

Les taxis, des pionniers

Les taxis autonomes de Waymo, filiale de Google, ont désormais atteint le niveau 4 de la conduite autonome à San Francisco. Dans une zone définie, le véhicule peut circuler sans conducteur humain. En cas de situation complexe que le système ne parvient pas à gérer seul, le véhicule se dirige vers une place de parking et un télé-opérateur humain peut intervenir à distance.

Après une longue phase de test, environ 250 taxis Waymo opèrent librement depuis l'été dernier dans la ville de San Francisco. Il suffit de commander le taxi via une application, de monter à bord et de laisser le conducteur virtuel piloter la Jaguar entièrement électrique jusqu'à destination, en toute sécurité. Actuellement, ce service est progressivement étendu à d'autres villes américaines. Avec cette offre, Waymo démontre que les véhicules autonomes s’imposent comme l’avenir des transports. 

Des chercheurs ont entraîné des algorithmes spécialement développés sur la base de l'intelligence artificielle, qui sont désormais capables de conduire une voiture en toute sécurité sur les routes. Les algorithmes sont alimentés par une grande variété de données issues de capteurs.

 

Aux États-Unis, des start-ups telles que Kodiak ou Torc Robotics, filiale de Daimler, travaillent également sur la conduite autonome pour les camions. Dans les deux prochaines années, des semi-remorques devraient circuler de manière totalement autonome, sans conducteur, =sur certaines autoroutes du Texas. L’objectif principal est d’assurer un transport «Hub to Hub» entre deux centres logistiques situés à proximité de l'autoroute. Les fournisseurs sont convaincus d'avoir d'ici là résolu les défis technologiques nécessaires pour atteindre un véritable niveau 4 d’autonomie avec le camion.

Est-ce réaliste ? En principe, oui, pour certains types de trajets dans des conditions définies, ce qui a été confirmé par DACHSER Corporate Research & Development sur place aux États-Unis. Mais les situations particulières telles que les conditions météorologiques difficiles, avec par exemple de fortes chutes de neige, restent un défi que les camions autonomes ne parviennent pas encore à gérer.

Des chercheurs ont entraîné des algorithmes spécialement développés sur la base de l'intelligence artificielle, alimentés par une grande variété de données issues de capteurs.
Des chercheurs ont entraîné des algorithmes spécialement développés sur la base de l'intelligence artificielle, alimentés par une grande variété de données issues de capteurs.

Investissements majeurs

Le principal obstacle à une mise en œuvre rapide de la conduite autonome est l'investissement initial considérable nécessaire pour entraîner l'intelligence artificielle, un processus long et complexe. Même pour des tronçons d'autoroute isolés, il faut parcourir un nombre considérable de kilomètres d'entraînement. Ainsi, déployer un grand nombre de camions autonomes de niveau 4 sur l’ensemble des autoroutes américaines pourrait encore prendre une décennie. L'attrait des investissements dans cette technologie et donc la vitesse de développement du transport routier de marchandises aux États-Unis dépendent principalement de deux facteurs : la pénurie croissante de conducteurs et la hausse des coûts salariaux..

Le déploiement aux États-Unis pourrait être freiné par des accidents inévitables impliquant des véhicules autonomes, ainsi que par les réactions politiques et juridiques qui en découlent au niveau fédéral ou dans les différents États.

Recherche mondiale

En Asie aussi, et surtout en Chine, des voitures, des bus et des camions autonomes sont développés et testés. Des entreprises telles que Baidu, BYD ou Pony.ai semblent être en tête dans ce domaine. Mais Mercedes-Benz teste également, selon ses propres déclarations, la conduite de niveau 4 des voitures particulières à Pékin. Cependant, il n'existe pas d'informations fiables sur les activités des différents fournisseurs en Asie, ni de détails sur les résultats obtenus et les normes de sécurité atteintes.

En Europe, les activités liées à la conduite autonome restent limitées. Les fournisseurs sont encore loin d'utiliser à grande échelle des voitures ou des camions autonomes de niveau 4. Il manque surtout des investisseurs pour financer la formation coûteuse des modèles d'IA. Mais la pénurie croissante de conducteurs rendra tôt ou tard cette technologie indispensable pour garantir la compétitivité de la logistique en Europe. Reste à savoir si l'Europe devra recourir à des solutions provenant des États-Unis ou d'Asie, ou si les entreprises européennes sauront se positionner comme des acteurs dans le domaine des camions autonomes.

Utilisation dans le secteur de la logistique

Malgré l'enthousiasme pour les technologies du futur, il faut bien admettre que les conducteurs virtuels ne remplaceront jamais complètement l’humain. Dans le meilleur des cas, les modèles d'IA pourraient d'ici une dizaine d'années, prendre en charge certaines liaisons longue distance en Europe. Mais, sur de nombreux trajets longues ou courtes distances, les exigences dépassent les capacités du pilote autonome. Outre la conduite dans des situations complexes, cela inclut des activités telles que la sécurisation du chargement, le déchargement et la livraison des marchandises, et surtout le contact humain avec l'expéditeur et le destinataire. Autant d’aspects qu’un algorithme d'IA ne pourra pas gérer dans un avenir proche. C'est pourquoi l'Homme continuera à jouer un rôle décisif dans la performance de la logistique, épaulé par des assistants virtuels qui contribueront à atténuer les conséquences de la pénurie de main-d'œuvre qualifiée et de conducteurs due à l'évolution démographique.

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